De la complexité du transport de marchandises en ville : logistique urbaine ou Last Mile Logistics
La problématique du transport de marchandises en ville revêt un caractère d’urgence et les solutions mises en œuvre montrent parfois trop rapidement leur limite. Au cours des dix dernières années, des initiatives en matière d’entreposage et de transport (CDU, places de livraison, véhicules électriques, ...) ont été conduites et des règlementations exigeantes ont été mises en œuvre (Plan de circulation, obligations de CDU, ZFE). Ces dispositions sont-elles suffisantes? Nous sommes en droit de poser la question.
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Last Mile ? Retour sur un amorçage difficile
Les initiatives mises en oeuvre pour gagner en efficacité logistique dans l’environnement urbain, n’abordent le plus souvent qu’un des multiples aspects du transport de marchandises en ville. Et aussi utiles soient-elles sur le plan de l’innovation et de l’expérimentation, ces initiatives n’apportent généralement pas les résultats (ou retours sur investissement) permettant d’envisager de les déployer à grande échelle (scale-up).
Les enjeux du dernier kilomètre ou Last Mile au coeur de la Ville de demain
Dans un contexte urbain, marqué par des contraintes physique et environnementales de plus en plus fortes, les enjeux sont considérables, en termes d’activités économiques, de compétitivité, d’emploi, comme de qualité de vie.
La mutualisation des flux logistiques est un levier qui doit permettre d’améliorer sensiblement la livraison et l’enlèvement des marchandises en zone urbaine, tout en répondant à un enjeu triple :
Répondre aux nouvelles exigences et réglementations liées au Développement Durable
Optimiser les Schémas de Développement Urbain en intégrant les besoins actuels et futurs de mobilité du fret
Développer les flux de marchandises dans la ville de façon économique et qualitative en mobilisant les ressources actuelles
Les effets bénéfiques et multi-factoriels attendus d'une politique du dernier kilomètre efficace
L’impact sur la réduction des émissions de CO2 est un des indicateurs clé de mesure de la mutualisation des capacités, mais ce n’est pas le seul.
Des effets sur les taux d’utilisation des transports et des espaces logistiques ou encore la satisfaction des différentes parties prenantes sont, par exemple, attendus d’une politique Last Mile qui porte ses fruits. En voici quelques exemples.
Au niveau des transports, des espaces logistiques et de la qualité de vie
Transport de marchandises
Baisser le ratio kgCO2/tonnes ou m3 transportés
Contribuer à réaliser du transfert modal de la route vers les autres moyens de transport (fluvial, ferré, tram, véhicules électriques, GNV, …)
Améliorer le remplissage des camions
Espaces logistiques
Optimiser le ratio kgCO2/surface ou m3 entreposés
Améliorer la productivité des activités d’entreposage
Services et qualité de vie
Réduire les nuisances y compris sonores
Améliorer les services de proximité via le transport
Réhabiliter le commerce de proximité
Permettre une croissance durable de l’activité de distribution en ville
Au niveau de la satisfaction client
Pour les Chargeurs & Commerçants
Satisfaire une politique de service plus ambitieuse
Disposer de solutions concrètes de réduction de l’empreinte environnementale
Mettre en œuvre des actions de réduction des impacts du transport par une démarche volontaire
Pour les Logisticiens / transporteurs
Commercialiser des capacités résiduelles
Rendre compte d’actions de réduction de l’empreinte environnementale
Pour la Collectivité & les Citoyens
Disposer de solutions de livraison et de collecte plus respectueuses de l’environnement et réduisant l’ensemble des nuisances
Promouvoir les comportements vertueux dans le transport et la logistique
Assumer sa responsabilité d’ensemble vis-à-vis des usagers de l’espace urbain
Quand dernier kilomètre rime avec complexité...
La logistique urbaine est multi-acteurs et présente une forte complexité. Du fait des décisions à prendre en matière d’aménagement et d’utilisation « d’existants en infrastructures » logistiques, la problématique du Last Mile pose la question du territoire d’application des flux logistiques urbains et de la capacité d’intervention des acteurs publics.
Au-delà des émissions de CO2, les collectivités et les opérateurs doivent en effet s’intéresser à d’autres impacts tels que :
les émissions des autres gaz à effet de serre
les problèmes d’occupation de la voirie
le bruit
les pollutions diverses et notamment visuelles
la congestion
la qualification et la fragilité des emplois de service (par exemple la livraison à domicile)
La réponse apportée à la question de la logistique urbaine doit allier performance économique et performance environnementale et sociétale, en un seul ensemble. Les décisions dans le domaine de la distribution en ville ne devront pas s’effectuer au détriment du dynamisme commercial et de l’attractivité des villes, elles devront au contraire y contribuer, et c'est là toute la difficulté.
Lysiane Bessonnet,
Directrice
La logistique urbaine, une réponse nécessaire aux défis des nouveaux usages en ville
L’e-commerce, la livraison à domicile ou en points-relais, comme le développement de services de proximité s’accompagnent d’un accroissement inéluctable du transport de marchandises en ville. Et la logistique urbaine qui en découle fait intervenir de très nombreux acteurs, publics comme privés.
Si les transports ont fait des progrès certains en matière de réduction des polluants et des émissions de CO2 ces vingt dernières années, les villes de demain ne pourront pas faire l’économie d’efforts additionnels, notamment en matière d’efficacité énergétique des bâtiments, d’insertion socio-économique (emplois, mixité, nuisances, …) et d’utilisation du multi-modal.
Une amélioration sur le ce thème du dernier kilomètre, appelle donc à une collaboration accrue de tous les acteurs concernés, moyennant une gestion de projet robuste pour laquelle les cabinets de conseil pourront jouer leur rôle de facilitateur.
Auteurs
Lysiane Bessonnet
Directrice
Diplômée d’AUDENCIA, et certifiée CSCP par l’APICS, Lysiane Bessonnet a démarré sa carrière dans le conseil en Achats et Supply-Chain. Elle rejoint KEPLER en 2009 où elle…
Lysiane Bessonnet
Lysiane Bessonnet
Directrice
Diplômée d’AUDENCIA, et certifiée CSCP par l’APICS, Lysiane Bessonnet a démarré sa carrière dans le conseil en Achats et Supply-Chain. Elle rejoint KEPLER en 2009 où elle prend la direction du practice Supply Chain. Elle intervient particulièrement dans les secteurs des Produits de Grande Consommation, des Biens d’Equipements et de la Distribution.
Yannig Le Roux
Directeur
Ingénieur diplômé des Mines Paris – PSL et certifié CSCP par l’APICS, Yannig Le Roux a une expérience de plus de 18 ans dans l’industrie FMCG où il a occupé des…
Yannig Le Roux
Yannig Le Roux
Directeur
Ingénieur diplômé des Mines Paris – PSL et certifié CSCP par l’APICS, Yannig Le Roux a une expérience de plus de 18 ans dans l’industrie FMCG où il a occupé des fonctions opérationnelles en Production, Achats et Développement de Produits avant de s’orienter vers le conseil et de rejoindre KEPLER en 2019. Yannig possède une vision 360 des problématiques industrielles et intervient sur des diagnostics et plans de transformation globaux, ainsi que sur des missions plus ciblées sur ses expertises.
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