Empreinte industrielle des ETI : repenser son footprint sans opposer la France au monde - L'analyse complète
KEPLER contribue à l’analyse Bpifrance Conseil sur les nouveaux arbitrages industriels des ETI
Introduction
Bpifrance Conseil publie un article consacré à un enjeu devenu central pour les ETI industrielles : repenser leur empreinte industrielle sans opposer la France au monde.
Dans un environnement marqué par les tensions géopolitiques, les perturbations logistiques, les enjeux de souveraineté, la transition écologique et la pression sur les coûts, les choix d’implantation industrielle ne peuvent plus être guidés par une simple logique de coût de production.
L’enjeu n’est plus uniquement de savoir où produire au moindre coût. Il s’agit de construire un footprint industriel cohérent, capable d’articuler compétitivité économique, résilience et flexibilité opérationnelle, promesse client, maîtrise des risques et performance environnementale.
Dans cet article, Lionel Muller, cofondateur et CEO de KEPLER, partage son regard d’expert sur les stratégies industrielles des ETI. Son analyse met en avant une conviction forte : la performance industrielle ne se construit ni dans le repli, ni dans la dispersion, mais dans la capacité à objectiver les arbitrages à partir des marchés, des coûts réels et de la maîtrise des risques.
Lire l’article Bpifrance Conseil :
https://conseil.bpifrance.fr/publications/footprint-industrielle-eti
L’empreinte industrielle ne se limite pas à une carte d’usines
Repenser son empreinte industrielle ne consiste pas seulement à décider où implanter des sites de production.
Le footprint industriel recouvre l’ensemble des choix structurants liés à la chaîne de valeur : approvisionnements, production, logistique, stockage, distribution, service client, organisation des flux, choix fournisseurs, réallocation des volumes (notamment entre ses usines) et proximité avec les marchés.
Pour les ETI industrielles, ces décisions ont un impact direct sur :
- la compétitivité économique ;
- la résilience opérationnelle ;
- la qualité de service ;
- les délais de livraison ;
- le besoin en fonds de roulement ;
- l’exposition aux risques fournisseurs ;
- la performance environnementale ;
- la capacité à accompagner la croissance.
C’est pourquoi l’empreinte industrielle doit être pensée comme un système global, et non comme une juxtaposition d’implantations.
Un modèle opérationnel clair, robuste et cohérent est le socle d’une industrialisation réussie. La performance industrielle durable repose d’abord sur un modèle opérationnel explicitement défini, partagé et piloté. Celui-ci doit articuler de manière cohérente les processus, l’organisation, les outils et le système de management, à l’échelle du groupe comme des sites.
Le point de vue de Lionel Muller : dépasser les coûts théoriques
Dans l’article Bpifrance Conseil, Lionel Muller souligne que l’internationalisation est encore trop souvent perçue comme une étape automatique de la croissance des ETI industrielles.
Or, les décisions d’implantation ou d’expansion internationale restent parfois fondées sur des coûts théoriques. Sur le terrain, la réalité industrielle est plus complexe : cadences et capacités réelles, taux de rebut, disponibilité des équipements, niveaux d’amortissement, Make or Buy, qualité fournisseur, complexité des flux et capacité à tenir la promesse client.
Une fois ces paramètres intégrés, les arbitrages peuvent changer profondément, d’autant plus que va se poser la question du degré d’automatisation/robotisation variable selon les pays et les coûts de la main d’œuvre.
Dans certains cas, créer un nouveau site à l’étranger n’est pas la meilleure option. Il peut être plus pertinent d’automatiser un site existant, de lancer une véritable démarche d’amélioration continue (lean manufacturing avec des impacts directs sur la performance et les coûts), de repenser les flux entre entités, de limiter les transferts inutiles ou de mettre en place du double sourcing pour sécuriser la supply chain.
Cette approche permet de replacer la décision industrielle dans une logique de coût réel, de risque maîtrisé et de performance durable.
Ni repli, ni dispersion : construire une stratégie industrielle agile
Le cœur du message porté par Lionel Muller est clair : les ETI ne doivent pas opposer la France au monde.
La résilience ne se construit pas dans le repli. La performance ne se construit pas non plus dans la dispersion.
L’enjeu consiste à rechercher une cohérence globale entre performance économique, résilience opérationnelle et promesse faite aux marchés.
Une empreinte industrielle performante doit permettre de répondre à plusieurs exigences simultanées :
- rester compétitif ;
- servir les marchés avec le bon niveau de réactivité ;
- réduire l’exposition aux risques ;
- sécuriser les maillons critiques ;
- préserver la qualité de service ;
- intégrer les enjeux environnementaux ;
- accompagner la croissance sans complexifier inutilement le modèle.
Cette stratégie suppose de raisonner par scénarios, de segmenter les besoins, d’objectiver les coûts complets et de construire une feuille de route opérationnelle réaliste.
Cost-to-serve : comprendre où la marge se crée, où elle se détruit
Un des messages clés de l’analyse est l’importance du coût total servi, ou cost-to-serve.
Pour une ETI industrielle, raisonner uniquement en coût de production peut conduire à des décisions trompeuses. Un site apparemment compétitif peut générer des coûts cachés liés aux stocks, aux délais, à la logistique, aux retours qualité, au service client, au besoin en fonds de roulement ou à la complexité de coordination.
Le cost-to-serve permet de mesurer le coût réel nécessaire pour servir un marché, un client ou une zone géographique. Il convient d’avoir toujours un focus sur le besoin client et le coût de cette promesse client.
Cette approche aide les dirigeants à répondre à des questions structurantes :
- quels marchés nécessitent une proximité industrielle ou logistique ?
- quelles gammes peuvent être servies depuis des sites plus éloignés ?
- quels flux génèrent des coûts cachés ou des délais excessifs ?
- quels fournisseurs créent une dépendance critique ?
- où la marge se crée-t-elle réellement ?
- où se détruit-elle à cause de la complexité opérationnelle ?
Pour Lionel Muller, cette lecture par les coûts réels est essentielle pour construire une empreinte industrielle plus performante et plus résiliente. Or malheureusement, le Prix de Revient de Fabrication – PRF (ou Prix Revient Industrielle (PRI) est souvent mal calculé, d’où des choix pas toujours pertinents.
Achats et supply chain : les fragilités à traiter en priorité
L’article Bpifrance Conseil met également en avant le rôle central des achats et de la supply chain dans la réflexion sur le footprint industriel.
Sur le terrain, Lionel Muller observe régulièrement les mêmes fragilités : monosourcing excessif, stratégie achat peu déployée, performances Qualité Coût Délai insuffisantes de la base fournisseurs, flux inutilement complexes et maturité achats encore trop limitée.
Ces fragilités peuvent pénaliser durablement les ETI industrielles. Elles augmentent l’exposition aux ruptures, réduisent la visibilité, allongent les délais, dégradent la qualité de service et créent des coûts cachés.
Pour restaurer durablement la performance, les fondamentaux restent déterminants :
- sécuriser les approvisionnements par le double sourcing lorsque cela est pertinent ;
- renforcer la qualité fournisseur par un pilotage exigeant ;
- maîtriser le cost-to-serve pour comprendre les leviers de marge ;
- comprendre la structure de coûts des fournisseurs et identifier les leviers d’amélioration ;
- simplifier les flux pour réduire les délais, les risques et les coûts cachés ;
- segmenter les activités, les gammes et les marchés selon leurs besoins réels ;
- construire des schémas industriels capables de s’adapter aux aléas.
La performance industrielle ne se joue donc pas uniquement dans les usines. Elle dépend de l’ensemble de l’écosystème : fournisseurs, sites, flux, stocks, logistique, données, organisation et marchés servis.
L'approche KEPLER
Chez KEPLER, nous accompagnons les ETI industrielles dans la définition, l’optimisation et la transformation de leur empreinte industrielle.
Notre approche combine stratégie industrielle, achats, supply chain, excellence opérationnelle, performance économique et trajectoire environnementale.
Nous aidons les dirigeants à répondre à des questions structurantes :
- comment redéfinir un schéma directeur industriel et logisitique ?
- comment arbitrer entre production locale, régionale et internationale (notamment nearshoring) ?
- comment réduire les risques fournisseurs ?
- comment sécuriser les approvisionnements critiques ?
- comment simplifier les flux industriels et logistiques ?
- comment maîtriser le cost-to-serve ?
- comment intégrer les enjeux carbone dans les choix d’implantation ?
- comment construire un modèle industriel plus résilient et plus compétitif ?
Notre conviction : une empreinte industrielle performante ne repose pas sur un modèle unique. Elle repose sur des arbitrages équilibrés, fondés sur les marchés, les coûts réels, les risques et la capacité de l’organisation à exécuter.
Nos expertises permettent de transformer les ambitions industrielles en résultats mesurables
Nos équipes sont à votre disposition pour échanger sur vos enjeux industriels
Un membre de l’équipe KEPLER reviendra vers vous prochainement.